OLIVIER AUBER
[English below]
Voici une petite présentation de ma pomme:
Je suis une sorte de chercheur indépendant dans le domaine de l'expérimentation culturelle et des médias dits nouveaux. Certains de mes projets passés ou en cours sont présentés sur la plate forme KM2.NET. J'officie selon les cas à titre personnel (artiste?, bof j'aime pas le mot, ou plutôt l'utilisation qu'on en fait) ou à travers trois sociétés dont je suis l'un des fondateurs : le Laboratoire Culturel A+H qui assure la conception et la maîtrise d'oeuvre de projets architecturaux et/ou multimedia-réseau-réalité virtuelle, de NAVIDIS spécialisée dans la cartographie interactive, et de ANOPTIQUE, plate forme d'intelligence collective. Si tout cela peut sembler très technique, sachez que la technique ne m'intéresse pas beaucoup. Ce qui m'intéresse est la place que celle-ci peut avoir dans la vie des gens, réelle ou imaginaire.
Ma grande idée s'intitule la Perspective Numérique. C'est bien d'avoir une grande idée dans la vie. C'est pas tous les jours facile à vivre mais ça rechauffe le coeur quand il fait froid dehors. Et puis on s'y raccroche quand on ne comprend plus rien, ce qui m'arrive souvent, bien évidemment.
L'un de mes plus anciens projets se nomme le GenerateurPoietique. Il s'agit à la fois d'une expérience et d'une recherche sur l'interaction collective temps réel. Participer à une session du GenerateurPoietique est à mon sens une bonne manière de saisir ce qu'est cette grande idée : la Perspective Numérique prolonge la perspective spatiale inventée à la Renaissance. Il n'est plus question ici de "points de fuite" mais de "codes de fuite".
Quel rapport avec le plancher des vaches? Très simple: dans l'Internet, les territoires sont définis par des codes ; des codes sources, des adresses ip, des clés cryptographiques, etc. Chaque territoire organisé selon une forme plus ou moins visible de Perspective Numérique, tend à s'autoreproduire suivant un processus autopoïétique. Et tous ces territoires en relation les uns avec les autres forment eux-mêmes un seul et même système autopoïétique.
Bon, c'est très joli tout cela, mais à quoi ça sert? La théorie ne sert pas à grand chose au sens où rares sont ceux qui font l'effort de s'y plonger. Par contre les expériences telles le GenerateurPoietique, dans la mesure où elles sont accessibles à tous, peuvent être utiles pour donner à saisir largement, sans gros mot ni grande théorie, la nature subtile du milieu dans lequel nous évoluons désormais. Peut-être cela contribuera t'il à mettre quelques esprits en marche et à renforcer ceux qui sont déjà en route?
Out of control?
Can cybernetics, the science of control, produce artistic and socially autonomous forms that elude instrumental rationality and mechanistic determinism? Unheard of forms, apparently fragile but free of all influence. Sublime forms which challenge all measure and excess itself. Self-transcendent forms that accept no centre. Forms which would belong to everyone, becoming gradually the foundation of a new unequalled identity, representations without representatives, words pronounced by a power without prince. Forms still in direct contact with the world, since they would resemble it until becoming indistinguishable from it.
Collective experiences, such as the Poietic Generator, the Communauty of Memories (@rbre), the Invisible Monument, the Poietic Aggregator or the Liquid Democraty, are tending to create action processes and tools suitable to explore the territories of these autonomous forms. Olivier Auber is one of their artificers, but he makes an effort not to be the author, so much does this condition seem to him to be pointless and contrary to the spirit of the research. These experiments, which have gradually been developing within open collectives over years, have in common to put into action, in an almost babbling way, a “digital perspective”; a distant descendent of “spatial perspective”. This “digital perspective” is founded on what one could call “vanishing codes”, just like the “spatial perspective” was based on “vanishing points”. The arbitrary “vanishing codes”, whether thy are numeric, genetic or quantic, indicate the unknowable at the center of the converging lines of our world.
Olivier Auber, engineer and artist, has developed since the early 80's installations and exhibitions based on various technologies in order to achieve sorts of mirrors of behaviours. Among them, the Poietic Generator is a system allowing real time collective interactions that he has experimented with in different kinds of networks since 1986. In 1997, he founded the cultural laboratory A+H that proposes interdisciplinary projects between physical and digital territories. Currently, he is working on the project ANOPTIQUE.
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